Face à la dictature, nous hack(er)ons toujours !

Cet édito est simplement l'affirmation d'un parti-pris dans une situation politique globale. Un plaidoyer plus spécifique contre la Loi de Sécurité Globale est en cours de rédaction.

À QUELLE HEURE HACKERA-T-ON LES EMPIRES, L'ÉTAT, ET QU'EN FERA-T-ON ?

Nous sommes radicalement opposé'e's à la Loi sur la Sécurité Globale (LSG), de même qu'à l'ensemble des dernières mesures autoritaires de l'État français (décrets ministériels, loi "confortant les principes républicains", etc.). Car bien au-delà, notre existence collective s'oppose à l'informatique de la domination que notre État, comme tous les empires, intègre toujours plus pour mater la survivance des peuples opprimés. Elle est une preuve supplémentaire de la fusion néolibérale entre forces publique et intérêts privés. Quelle que soit l'issue législative de ce nouvel affront, nous résist(er)ons, nous nous organis(er)ons.

Plus notre rage monte, plus la République dévoile sa violence intrinsèque, mais cette dernière n'est pas nouvelle et tout sera tenté pour nous faire taire, pour nous terroriser et nous contrôler. L'usage en ville, par les forces de l'ordre, d'armes "non-létales" et de caméra-drones dissimule les crimes de guerre auxquels la France participe – en silence, au lointain, mais à coups de bombes, de balles et de viols – dans ses anciennes colonies. Les cités étaient à l'interface des deux mais leur répression n'est plus suffisante car désormais toute la population, même intérieure, est à traquer et mater, à atomiser puisqu'elle s'est rebellée.

La "marque" France, en figure du libéralisme occidental, ne veut pas trop s'entâcher, alors elle délègue, elle privatise, sous-traite et délocalise ; elle s'allie aux autres tyrans pour tout exploiter. Tout cela, au profit avant tout des pires des patrons et de tous leurs amis : les "hauts-fonctionnaires" et les plus "grands" des élus se pavanent avec eux en soirées mondaines dans leurs châteaux gardés. Ils propagent aussi ces fantasmes de classe qui transforment les pauvres en amuse-gueules gras qui pour se les offrir se saignent eux-mêmes. Les applis des géants sont leurs télécommandes ; nous sommes leurs robots dans un marché global. L'État nous tabasse pendant que les ultrariches vendent nos fruits ; nous sommes les cerfs d'un relent féodal.

La LSG est la légalisation de pratiques à peine testées mais promises à l'arbitraire qu'on connaît. Elle ne sera pas la dernière et laisse augurer d'autres technologies de contrôle du peuple, déjà promues comme vertueuses ou incontournables par la propagande publique-privée : la reconnaissance faciale – la biométrie en général ; la surveillance automatisée des communications et des mouvements ; l'exploitation des affects intimes et communs... Nous y sommes presque prêt'e's et tout est fait pour nous sentir impuissant'e's.

Ce que nous opposons à cela est infimement grand : c'est le retournement de nos propres machines contre leurs logiciels ; c'est la riposte de nos corps contre leurs illusions ! À l'ère où tout fond et s'effondre, nous pouvons encore subvertir cet ordre aberrant. Ce qu'ils méprisent comme déchets sont les membres de nos cyborgues mutantes. Nous rassemblons des pièces, nous codons des tactiques, nous survivons ensemble pour sauver les enfants d'une matrice finale.